29 juillet 2008

:: Cap ou pas cap ? ::

Voilà, ça y est, c'est fait, j'ai franchi ce que beaucoup présentent comme un cap, oui j'ai eu 30 ans il y a quelques jours. Je redoutais cette date, j'inspectais mon visage à la recherche du temps marqué, et puis le jour J est arrivé tranquillement, presque sans faire de bruit, si peu que je n'ai presque rien remarqué. Je tenais un peu comme une gamine à fêter ça le jour même, j'ai fait un quasi caprice pour ne pas reculer la date et j'ai donc eu droit à ma petite soirée champêtre avec quelques amis, les enfants autour, rien d'exceptionnel juste très agréable. Ca y est, l'âge auquel il y a 10 ans j'imaginais que tout devait être en place, bon boulot, jolie famille, jolie maison, bonheur, quiétude, est arrivé. Et avec lui le constat que rien ne s'est passé comme je l'imaginais si ce n'est d'être maman. Pour le reste, c'est un fait, je galère pas mal pour le mettre en place. C'est marrant comme on peut imaginer dans sa tête d'adulescent que tout ses rêves ne peuvent que se réaliser, qu'exister. Que rien ne les laissera dans le silence, que tout sera là pour nous amener sur le chemin qu'on ne distingue que là bas un peu loin, mais qu'on voit se dessiner. Mais ce foutu imaginaire qui n'est encore aujourd'hui que mon unique moteur m'a joué des tours, il m'a sans doute endormie plus que révélée et réveillée... Dans les faits demeurent cette inertie, cette incapacité à me projeter concrètement, à mettre les choses en place. Je rêve, oui souvent, trop souvent au point de ne parfois plus trouver l'utilité du réel si ce n'est manger, respirer, et dormir! Oui je sais, ces signes ne sont pas très positifs mais c'est comme si le réel ne me correspondait pas, comme si je n'avais plus la capacité de l'action. En écoutant la radio sur la route l'autre soir où je m'étais un peu égarée, j'ai entendu cette phrase : " il ne faut jamais s'habituer au malheur"... Ca m'a interpellée, puis plus rien. Même ces vacances, ce mois de juillet que je me suis octroyée me paraît long, je m'ennuie là au milieu de ces champs de vigne pourtant si reposants, mais rien ne s'y passe. Juste mon cadran qui se met en route à la recherche de l'heure pile. De ce temps où mes rêves se remettraient en route, où j'aurais crée l'univers qui me correspond, où je n'aurais plus le sentiment ni d'être ce boulet dans mon travail ni cet intrus en famille... Et puis mine de rien, mon indépendance, je la paie au prix fort. J'ai le sentiment d'être revenu au stade de cet adulescent qui rêve justement de faire sa vie mais qui n'en a pas les moyens. Même l'idée des petites fêtes ici en famille, avec les cousins, ne me font plus rire. L'air ici me paraît étriqué mais celui que je m'apprête de rejoindre est pollué. Je cherche l'endroit, je cherche la forme, je cherche l'envie. Le cap est passé mais pas tout à fait.

15:28 Publié dans Au fil des jours | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | | |  Facebook

Commentaires

Dsl, j'ai manqué à ma promesse, alors bon anniversaire et j'espère que tout c'est bien passé. Je t'embrasse.

Écrit par : Pierre-Jean | 30 juillet 2008

Oui, tu as raison, l'indépendance on la paie au prix fort :o)) En ce qui me concerne j'ai pris de la distance vis à vis des entreprises et du travail de salariée, je viens de créer mon site de bijoux fantaisie tendance, expérience sublime mais difficile, il faut y croire, y croire....
Ton avis sur mon travail m'intéresse, si tu as 2 mn. J'apprécie ta sensibilité au travers de ton écriture :o))
http://www.fanny-la-pie.com

Écrit par : Stéphanie | 12 septembre 2008

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